J'ai mis longtemps à appeler ce que je faisais « voyance ». Adolescent, je
sentais simplement des choses que je n'avais pas demandé à savoir : un appel
téléphonique avant qu'il sonne, une émotion appartenant à quelqu'un d'autre,
un événement à venir qui s'imposait sans bruit. Je le vivais comme une bizarrerie
personnelle — jusqu'au jour où une vieille dame m'a dit, sans détour : « Tu as un don,
et tu n'as pas le droit de le garder pour toi. »
Trente ans plus tard, je reçois — par téléphone, par WhatsApp, par e-mail — des
personnes très différentes. Des chefs d'entreprise et des étudiantes, des mères
inquiètes et des hommes au bord d'un divorce, des fidèles et des sceptiques. Le
point commun, c'est l'instant où quelqu'un cherche à comprendre quelque chose qui
lui échappe, et veut le faire avec une oreille bienveillante mais lucide.
Ce que je promets est simple. Je ne lis pas l'avenir comme un script écrit
d'avance — l'avenir n'est pas un texte, c'est une trame que nous tissons. Mais
certaines lignes de force sont déjà là, lisibles. Mon rôle est de vous les
restituer le plus honnêtement possible, sans dramatiser, sans rassurer non plus à
tout prix. Ensuite, ce que vous en faites vous appartient entièrement.